LA THERAPIE AU LASER

 

Définition du laser

Le terme laser vient de l’acronyme « light amplification by stimulated emission of radiation » ou, en français «  amplification de la lumière par émission stimulée de rayonnements ».

Les différents laser

Le choix du laser dépend de l’usage auquel il est destiné.

Les lasers de type I (ou soft lasers, LLT) utilisent la lumière rouge, ceux de type IV émettent dans le spectre infra-rouge. Seules la lumière rouge et le spectre infra-rouge sont utilisés, car seules ces couleurs traversent les tissus et peuvent agir sur le métabolisme cellulaire.

La différence principale entre ces deux types de laser est leur longueur d’onde, qui conditionne leur profondeur de pénétration : 600 à 1000 nm. pour les lasers de type I, autour de 800 nm pour les lasers de type IV.

Les composants des tissus absorbant les photons du laser sont l’eau, la mélamine et l’hémoglobine, et c’est dans la fenêtre optique autour de 800 nm que le taux d’absorption est le plus faible, donc la profondeur de pénétration la plus grande. Inversement, la couleur rouge, de longueur d’onde de 970 nm, est absorbée par la mélanine et l’hémoglobine, sa profondeur de pénétration en est par conséquente réduite et la durée nécessaire pour obtenir un effet analogue a celui d’un laser de type IV, par conséquent, augmentée. Néanmoins, plusieurs études, dont celle réalisée par le Dr Sagiv BEN-YAKIR (Academic College at Wingate Institute Netanya, Israël) ont démontré la grande efficacité du VLLT dans de nombreuses indications, détaillées, plus loin. Certaines firmes ont développé des lasers de type I avec une longueur d’onde, de 808 nm. ce qui offre des propriétés thérapeutiques avec profondeur de pénétration intéressante.

En raison de la différence de puissance des différents types de laser, les précautions d’usage diffèrent : port des lunettes obligatoire pour les lasers de type IV et protection des yeux de l’animal (surtout lors d’utilisation par balayage), respect du temps et de la dose administrée impératifs. Néanmoins, si ces derniers lasers sont utilisés correctement, ils ne présentent pas plus d’effets secondaires que les lasers de type I.

 

Effets biologiques

  • Action de photobiomodulation au niveau cellulaire. Il s’agit d’un processus comparable à la photosynthèse chez les plantes. L’énergie photonique et l’énergie électromagnétique sont absorbées par les chromophores, molécules pigmentées présentes sur les membranes cellulaires, la cytochrome oxydase dans la mitochondrie, l’hémoglobine, ce qui entraine une activation du cycle de Krebs, une augmentation de la respiration et du métabolisme cellulaires, de l’ATP, l’ADN et l’ARN.
  • Stimulation du développement des fibroblastes nécessaires à la synthèse du du collagène, indispensable à la cicatrisation des plaies.

  • Effet anti-inflammatoire et anti-oedémateux : réduction de la libération des prostaglandines et des médiateurs de l’inflammation, augmentation de l’activité des macrophages et de la phagocytose leucocytaire.

  • Action de drainage sur le système lymphatique.

  • Effet analgésique : traitement nm. de douleurs chroniques « mineures » (arthrose, contractures musculaires) selon la FDA (USA). Il semblerait, selon quelques études, qu’il puisse y avoir diminution de la sensibilité des nocicepteurs et réduction de la transmission du stimulus douloureux au cerveau (mécanisme du « gate control »).Cela aurait pour effet d’augmenter le seuil de stimulation, de réduire les impusions neuronales et d’augmenter la libération d’endorphines. Cependant, l’efficacité sur la douleur reste encore controversée.

  • Effet de cicatrisation cutanée remarquable (plaie, escarre, greffe) et vérifiée dans différentes études : stimulation des fibroblastes,précurseurs du collagène, et des macrophages, accroissement de l’angiogenèse et libération accrue de cytokines, d’où accélération du processus de cicatrisation.

  • L’étude de P. ASCHER (Thèse ENVL 2001) avec prototype d’appareil pour tendinite du FSD chez le cheval a montré des effets significatifs statistiquement sur la clinique (boiterie et douleur), ainsi que sur l’évolution échographique et histologique (d’après S. SAWAYA) (1)

  • Action décontractante musculaire (2) par stimulation de la production d’ATP dans les cellules musculaires, d’où meilleure relaxation musculaire. D’autre part, le laser entraîne une vasodilatation, ce qui permet un meilleur apport d’éléments nutritifs et d’oxygène aux cellules musculaires et donc une réduction de l’ischémie liée à la contracture musculaire, ainsi qu’une meilleure élimination des déchets.

  • Cicatrisation osseuse et cartilagineuse(1)

  • Traitement des trigger points, aussi appelés points-gâchettes, zones focalisées d’hyperexcitabilité, localement sensibles à la pression et pouvant entraîner des symptômes à distance (2,5).

  • la mobilité et de la qualité de vie chez les patients traités

  • LLLT et lésions neurologiques (1, 2, 3, 4, 5) : les LLLT semblent avoir des effets bénéfiques sur la cicatrisation du tissu nerveux. De nombreuses études, réalisées chez l’Homme aux USA, mais aussi chez le chien et le rat , ont montré que le laser accélère le processus de regénération des nerfs périphériques après traumatisme ou après intervention sur ceux-ci.

 

Indications thérapeutiques vétérinaires

Les effets multiples du laser expliquent la diversité de ses applications en médecine vétérinaire, nm. :

  • Affections dentaires : gingivites, stomatites, ulcères buccaux, parodontite, gingivostomatite chronique féline. Selon l’étude réalisée par le Dr Sagiv BEN-YAHIR (3), l’utilisation du laser a parmis de réduire la fréquence d’injections de stéroïdes d’une toutes les 2 semaines à une toutes les 12 semaines ou plus chez les 5 chats atteints de gingivostomatite sévère.
  • Différents syndromes inflammatoires (4,5) tels que les rhinites, les sinusites, les cystites et le syndrome urologique félin (SUF).
  • Déficits neurologiques (3,5) : Dans l’étude du Dr BEN-YAKIR, le LLLT a permis la récupération complète de 5 cas de paralysie faciale chez des chiens, de 4 cas de syndrome vestibulaire chez des chiens et de 5 cas sur 6 da paralysie du nerf radial chez des chats.
  • Affections cutanées telles que plaies, défaut de cicatrisation post-chirurgicale, dermatoses psychogéniques, conjonctivite…
  • Affections locomotrices : spondylose /spondylarthrose, traitement d’appoint supplémentaire dans certains cas de hernie discale de grade I à IV, syndrome de la queue-de-cheval, myélopathie dégénérative , dysplasie du coude, de la hanche, luxation médiale de la rotule, RLCCr,…
  • Enfin, en application localisée sur les points d’acupuncture, le laser peut-être utilisé au même titre que les aiguilles d’acupuncture pour le traitement de différents syndromes métaboliques…

 

Le laser peut utilement faire partie de l’arsenal thérapeutique du vétérinaire physiothérapeute et lui apporter une aide précieuse, ainsi que pour d’autres applications, mais ne doit en aucun cas être considéré comme un traitement universel . L’intérêt de son utilisation éventuelle au cours du traitement doit être évalué au moment du diagnostic et du bilan physiothérapeutique, en fonction de la pathologie, du programme de traitement établi et du but recherché, en complément éventuel d’autres méthodes, qu’elles soient manuelles ou instrumentales.