L’ULTRASONOTHERAPIE 

  

 

L’ultrasonotherapie est utilisée dans la pratique courante de rééducation fonctionnelle humaine et animale, et tout particulièrement dans le cadre de la médecine sportive.

Elle consiste en l’utilisation des ondes sonores et des effets de leur passage au travers des tissus traités.

Les ultrasons ont des effets bénéfiques sur les lésions musculaires (contractures –fibrose), tendineuses (rétractions, inflammation, élongation, rupture) et articulaire.

Cette technique est utilisée chez le chien comme chez le chat.

Qu’est-ce que l’ultrasonothérapie ?

Le son est une vibration mécanique qui se propage dans un milieu élastique (muscles, tendons, ligaments…), et l’énergie produite au sein des tissus aura des effets thérapeutiques à différents niveaux :

  • Effets mécaniques : les vibrations des US(ultrasons) provoquent à leur passage au sein des tissus, des variations de pression que l’on peut qualifier de Micromassage.

  • Effets thermiques : le micromassage des tissus dégage de la chaleur par friction et la quantité de chaleur produite varie en fonction du tissu traité.

Il y a production de chaleur en particulier dans le tissu osseux, le cartilage, les tendons, le tissu musculaire et la peau

  • Effets biologiques : on note de nombreux effets au sein de l’organisme traité

    • activation de la circulation sanguine

    • relaxation musculaire

    • augmentation de la perméabilité des tissus et de leur régénération

    • action stimulatrice des nerfs périphériques

    • action antalgique

    • ...

Quelles sont les indications de traitement ?

Les ultrasons sont utilisés en rééducation fonctionnelle afin de traiter des contusions, entorses, luxations, fractures en post-opératoire, contractures musculaires. Un effet antalgique non négligeable par les propriétés thermiques des ultrasons est observé, et ils peuvent donc également intervenir dans le soulagement des douleurs chroniques liées à l’arthrose par exemple.

Un délai de 24-36 heures après la lésion traumatique est à respecter car l’inflammation et la douleur sont encore trop importantes, et les ultrasons pourraient avoir des effets secondaires néfastes, notamment au niveau de la circulation sanguine et de la cicatrisation.

Les rétractions musculaires et/ou tendineuses suite à une immobilisation de plus ou moins longue durée peuvent également être traitées par ultrasonothérapie, ce afin de détruire la fibrose installée et redonner une souplesse au tissu.

 

En médecine sportive, les entorses sont des lésions fréquemment rencontrées et peuvent être bien traitées par les ultrasons : par exemple, il est fréquent de rencontrer des entorses de doigt chez les lévriers de course. La mise en place d’un strapping du doigt s’il est tordu et tuméfié, en phase post-traumatique immédiate durant une dizaine de jours, et le relai avec 5 à 10 séances d’ultrasons, massages et stretching de la zone à traiter, permettent de résoudre la lésion sans séquelles. Bien évidemment, si la lésion est d’emblée grave, c’est-à-dire avec une déchirure ligamentaire ou une fracture de phalange, le traitement sera plutôt orienté vers la chirurgie dans un premier temps, la rééducation fonctionnelle prenant le relai 10 à 15 jours après l’intervention.

 

L’ultrasonothérapie est une thérapie de choix complémentaire des autres techniques de rééducation fonctionnelle, à intégrer dans un programme thérapeutique post-traumatique, notamment ligamentaire, tendineux et musculaire ; mais aussi au préalable d’un exercice pour échauffer une zone tendue et douloureuse ou arthrosique avant un exercice actif.

 

Quelles sont les contre-indications à son utilisation ?

Dans certains cas, les ultrasons peuvent avoir sur l’organisme des effets nocifs si :

  • matériel métallique en place (plaque et vis, broche, cerclage...)

  • problèmes circulatoires

  • tissus cardiaque, génital, cérébral

  • plaies ouvertes et infections

En effet, les ultrasons en traversant les couches de tissus depuis la peau, produisent de la chaleur pénétrant en profondeur, et pouvant atteindre l’os et des tissus vitaux, et entrainer ainsi des brulures. Il est donc important de veiller à utiliser les ultrasons de façon raisonnée en fonction de chaque cas, d’utiliser le bon type de sonde, avec une intensité adéquate sur une durée de traitement adaptée au type de lésion.

Une précaution toute particulière est à prendre chez les jeunes en croissance : l’utilisation des ultrasons sur les os longs dont les plaques de croissance ne sont pas encore soudées est à proscrire. Les ultrasons ayant un effet d’activation de la cicatrisation osseuse, s’ils sont appliqués sur des plaques de croissance, celles-ci se referment plus rapidement et l’os s’arrête alors précocement de grandir.

Aspects pratiques

La séance d’ultrasons se passe sans tranquillisation de l’animal, les chiens et chats étant relativement coopératifs et la sensation n’étant pas douloureuse. On peut sentir un léger chatouillement au passage des ondes.

Au préalable, la surface à traiter peut être massée à l’aide d’un baume antalgique et décontracturant ou une huile chauffante, qui sont ensuite diffusés en profondeur à l’aide des ultrasons émis.

On combine ainsi les effets des ultrasons et du baume ou de l’huile pour la zone à traiter. La sonde est appliquée directement sur la peau avec un produit de contact (gel échographique, huiles essentielles ou baume antalgique...), mais peut aussi être utilisée de façon indirecte par immersion dans l’eau sans contact avec la peau et principalement pour traiter l’extrémité

des membres.

La durée de la séance est variable en fonction de la zone et du problème à traiter, ainsi que de la sonde utilisée (1 ou 3 MHz), et peut aller de 2-3 minutes à 15 minutes de traitement.

L’idéal est de pouvoir traiter l’animal tous les jours, mais dans la pratique un programme de 2 à 3 séances par semaine est tout à fait correct.